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De la collecte à la valorisation, Guy Allemand souhaite une maîtrise globale des déchets ménagers par le Sevadec
Le Forum Gambetta accueille aujourd'hui et demain les quatrièmes rencontres nationales de l'organique
, organisées en partenariat avec le syndicat d'élimination et de valorisation des déchets du Calaisis (Sevadec). Une réunion d'envergure nationale qui rassemble les professionnels de la transformation des déchets. Une belle vitrine pour le syndicat, présidé par Guy Allemand, et qui met en avant les bons résultats obtenus par l'usine de biométhanisation. Un président qui souhaite passer à la vitesse supérieure en souhaitant maîtriser la globalité de la filière déchets, de la collecte à la valorisation. Ce qui pourrait être créateur d'emplois.
Comment le Calaisis a-t-il été choisi pour organiser cet événement ?
« C'est la suite des assises nationales de la biométhanisation. Nous nous sommes porté candidats de manière naturelle. Le Sevadec a fait le choix de la biométhanisation en utilisant le traitement des déchets comme une ressource. La matière organique engendre du compost de qualité et du biogaz que l'on transforme en électricité. Cette réunion est un grand moment pour échanger nos expériences ».
C'est aussi l'occasion pour le Sevadec d'évoquer son expérience en matière de biodéchets... « Oui. Notre syndicat est né de trois collectivités (Cap Calaisis, Smirtom et CCRA) et de ses 160 000 habitants. L'objectif initial était de valoriser 50 % des déchets collectés en porte à porte. Nous sommes aujourd'hui à 53 %. Les déchets organiques représentent 115 kg par an et par habitant, soit environ 25 % de la collecte globale. Nous atteindrons avant 2015 les objectifs fixés par le Grenelle 1 de l'environnement ».
La collecte peut-elle encore améliorer la valorisation ?
« Mon objectif, en tant que président du Sevadec, est de profiter de la réforme territoriale et du nouveau découpage des intercommunalités pour accélérer les choses, les uniformiser. Pourquoi donc ne pas en profiter pour amener la collecte au Sevadec ? Ce qui est en phase avec notre outil de traitement. Certes, il n'y aurait pas d'apport supplémentaire mais on rationaliserait les choses ».
Financièrement, le Sevadec peut-il absorber les coûts de la collecte ?
« Bien sûr. Les impôts comme la taxe d'enlèvement des ordures ménagères iraient directement au Sevadec. Ou alors les collectivités verseraient une subvention. Financièrement, il n'y aurait pas d'augmentation d'impôt pour les habitants du secteur. Et on éviterait certaines aberrations. C'est une logique qui fait actuellement défaut sur l'ensemble des syndicats du Nord - Pas-de-Calais et d'ailleurs ».
Cela pourrait-il être créateur d'emplois ?
« Oui, lors des dernières assises, il a été évoqué que la filière biométhanisation serait créatrice de 30 000 emplois dans le pays. D'ailleurs aujourd'hui, il vaut mieux parler de valorisation que d'élimination des déchets. D'un côté, il y a actuellement plein d'associations qui collectent les déchets (électronique, téléphonie,...). De l'autre, l'industrie produit du 100 % biodégradable. On peut intégrer par exemple dans la filière déchets ce circuit pour désosser ou reconditionner. Il y a plein d'autres débouchés possibles et oui, c'est créateur d'emplois. À nous d'avoir la volonté politique de mettre ça en place ».
Le Sevadec enfouit-il encore beaucoup de déchets ?
« Non, de moins en moins car cela génère de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes). Par contre, les centres d'enfouissement élaborent en ce moment un stratagème pour récupérer les biogaz issus de leur gisement ». •
4es rencontres nationales de l'organique, aujourd'hui et demain au Forum Gambetta.
(Voix du Nord - 18 mai 2011) |
Pour GuyAllemand, si le Sevadec prend l'intégralité de la filière déchets, cela se ferait «sans augmentation d'impôt».
