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Le centre de méthanisation passe le cap des 5 millions de kilowatts par heure produits Ça gaze pour le Sevadec et Octeva
Guy Allemand est un président heureux, affichant un large sourire. L'homme à la tête du syndicat d'élimination et de valorisation des déchets du Calaisis dresse un premier bilan positif et encourageant du centre de biométhanisation implanté zone Marcel-Doret.
Le principe de la méthanisation est simple. La première étape consiste à collecter les biodéchets en porte à porte qui seront ensuite réceptionnés à l'usine. Ils sont alors préparés et triés par broyage, ciblage et retrait des métaux par aimantation.
Intervient la fameuse méthanisation : la matière organique se dégrade en l'absence d'oxygène. Après le passage au digesteur, deux produits sortent : du biogaz, qui peut être revendu à EDF, et du compost, servant à la valorisation agricole.
Dans le cadre des états généraux qui se tenaient mercredi et hier à Calais, le président du Sevadec tenait à faire le point sur l'usine.
« Nous savons qu'il y avait beaucoup d'inquiétude sur la mise en route laborieuse du projet. Il nous fallait trouver un équilibre sur le gisement, ce qui a été une phase délicate. Sinon, nous étions en proportions inégales dans le rapport carbone azote », confie Guy Allemand.
Cette période de tumulte fait désormais partie du passé. Le centre de méthanisation tourne aujourd'hui à plein régime « depuis février dernier » et vient de passer le cap symbolique des 5 millions de kilowatts par heure produits.
« Le gisement nécessaire existe dans le Calaisis »
Les objectifs d'exploitation pour 2011 se situent entre 5 et 5,5 millions. « Nous pouvons monter jusqu'à 6, mais nous manquons de gisement pour le moment », concède le président du Sevadec. Un zénith qui permettrait d'alimenter près de 12 000 habitants.
« Le gisement nécessaire existe dans le Calaisis. C'est un travail au quotidien de négocier avec les entreprises du secteur », affirme Bertrand Hyllaire, directeur commercial d'Octeva, la société exploitant le site. « Le fait que nous étions également les constructeur du centre permet une cohérence et une sécurisation », reprend le dirigeant.
Suite aux états généraux, les professionnels ayant fait le déplacement à Calais ont visité le site de la zone Marcel-Doret.
« C'est une usine à taille humaine qui gère 27 000 tonnes de biodéchets par an. Dix personnes opèrent quotidiennement à l'optimisation de la méthanisation », développe Bertrand Hyllaire.
Autant dire que Guy Allemand ne regrette pas « ce choix audacieux ». « C'est un secteur qui a réellement un avenir. Pour reprendre un exemple de Guy Geoffroy, le président de Méthéor (NDLR : l'association qui organisait les états généraux), seuls 3 % des surfaces françaises sont fertilisées par les produits issus de la biométhanisation. Il y a encore une sacrée marge », conclut le président du Sevadec.
En plus de valoriser les déchets, cette méthode crée des emplois. L'avenir calaisien se dessine en vert.
G.H.
(Nord Littoral - 10.12.2010)
LA MÉTHANISATION EN CHIFFRES - 2007 :le centre ouvre ses portes. - 2008 : l'usine atteint son plein régime. - 10 000 m² : taille du site. - 24 millions TTC d'euros sont investis. - 10 personnes assurent le bon fonctionnement de l'usine. - 62 communes concernées. - 160 000 personnes concernées par la collecte sélective des biodéchets à domicile. - 24 000 tonnes de biodéchets et 1 000 tonnes de graisses traitées chaque année. - 8 à 10 000 tonnes de compost produites par an. - 4 500 MWh/an d'électricité produits et vendus à EDF soit l'alimentation en électricité de 1 300 foyers (hors chauffage). |

